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Ma philosophie — le paradoxe

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Le paradoxe – les principes d’arts martiaux traditionnels prennent le contrepied des idées reçues

Le langage sportif est un pléonasme

La devise olympique, « Citius, Altius, Fortius » sont les mots latins qui signifient, « plus vite, plus haut, plus fort ».  Cette devise, ayant pour but d’exhorter la jeunesse à exploiter sa capacité latente physique (et mentale) dans la pratique sportive, règne toujours en maître dans notre société.

Il en va de même dans le sport de combat : « Esquive plus vite, lève ta jambe plus haut, cogne plus fort… » Le pléonasme vicieux est au rendez-vous.

Or, les certitudes logiques nous fournissent une quiétude morale. Comme dans la vie, tant et aussi longtemps que l’on est dans ce « plus, plus et plus », on se sent supérieur aux autres. Mais cette forme de surenchère de performance a bien des limites.

En règle générale, le fort terrasse le faible

Lors d’un affrontement, dans sa quête de supériorité sereine, on a deux attitudes inconscientes : soit on choisit un adversaire plus faible sinon éviter le combat, soit chercher inconsciemment à jouir de la faiblesse chez l’autre en attaquant les parties (points) les plus vulnérables (ex. viser la tête). Dans tous les cas, on essaie de se placer du côté des plus forts.

Que l’on soit petit ou grand, on est tous adeptes de la chasse aux plus faibles.

Dans cette indomptable attitude, on a l’ultime conviction que c’est toujours le fort qui terrasse le faible (tant sur le plan mental que physique). L’inverse fait outrage à la logique.

Croire au contraire sans fondements valables, c’est ballot. Mais on sait qu’il y a bel et bien des gens sans aucune prétention physique arrivent parfois à vaincre les plus forts.

Le faible terrasse le fort — l’image est certes surprenante et saugrenue, mais pas impossible. Ce n’est donc pas une antilogie, mais un paradoxe.

Le paradoxe

Dans la vie, on ne peut pas choisir ses adversaires. A défaut d’avoir la force physique et les capacités d’athlète de Superman, comment pourrions-nous nous assurer une issue favorable en cas d’acte d’agression ou face à une menace imminente de mort ?

Misant tout sur l’excellence de son esprit ?

Avec une panoplie de combinaisons techniques ?

Devant ceux qui sont dotés d’une force physique extraordinaire, de petites techniques trouvées ici et là n’ont pas cours.

Les arts martiaux originels ont été pensés, codifiés et élaborés pour résoudre ce dilemme et sont censés offrir une solution adéquate et durable face à une situation critique dont dépend notre vie.

Un jour, lorsque j’étais encore débutant, j’ai fait part de toutes mes interrogations à mon maître.

Il m’a dit : « C’est le paradoxe qui nous permet de rester en vie en étant parfaitement faible. »

Ça m’avait bien intrigué.

L’enseignement que j’ai reçu de mon maître était toujours antithétique aux pensées coutumières, suscitant beaucoup de surprises, et se tissait dans l’interstice entre l’exprimable et l’inexprimable, entre le concevable et l’inconcevable.

Peu à peu, j’ai remarqué que les arts martiaux internes utilisent un langage truffé d’oxymores :

Avancer en arrière,
Frapper avec une impitoyable douceur,
Monter en bas, descendre en haut,
Devenir le plus faible des faibles pour survivre,
Si tu veux bouger, ne bouge pas,
etc.

En sortant des cadres habituels de réflexion, et remettant ainsi en cause tout le socle sur lequel on est bâti, on arrive à se changer, à entrevoir un monde fertile de possibilité…

Une nouvelle réalité géostratégique

Voici, une façon différente d’utiliser le paradoxe dans une démarche de résolution de problèmes.

« Pour faire face à adversaire plus grand, on a besoin d’être beaucoup plus rapide et beaucoup plus technique que lui. »

Je pense que beaucoup seraient d’accord avec cette proposition.

Et si je vous disais que cette hypothèse du départ est fausse ?

Contre le « plus », répondre avec le « plus » — Cette surenchère de performance ne va pas lorsque le rapport de force est disproportionné.

En fait, face à un adversaire plus grand, nous n’avons pas besoin de techniques. C’est face à celui de la même taille que nous en avons réellement besoin.

Car :

Deux individus de taille plus ou moins égale = les paramètres identiques (taille). Donc il nous faut les variables (techniques).

C’est le principe des combats arrangés : ils sont tous codifiés pour deux adversaires de la même taille, du même gabarit. C’est une étude de variables.

Deux individus de taille très différente = nous n’avons pas besoin de variables. Les paramètres sont déjà différents.

On doit utiliser le paradoxe, le rapport subjectif et objectif, ce qui change et ce qui ne change pas, pour faire émerger une nouvelle réalité géostratégique face au plus petit et au plus grand, afin de rester toujours « soi-même ».

sochokun

Les parents et les profs nous disent toujours, « fais comme tout le monde ».
Mais ce n’est pas parce que l’on fait comme tout le monde que personne n’est heureux ?


 

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